Télécharger la fiche
La prévention des maladies parasitaires chez le chat
Les parasites, qu’ils soient externes ou internes, représentent une menace sérieuse pour la santé de nos félins. Inaperçus au premier abord, ils peuvent pourtant entraîner des souffrances, des allergies, des infections secondaires, voire des maladies graves.
À toutes les étapes de sa vie — chaton, adulte ou senior — votre compagnon mérite une protection adaptée, à raison d’un protocole préventif validé par votre vétérinaire.
Cette fiche fait le point sur les différents parasites, leurs effets, et les méthodes de prévention internes et externes à mettre en place pour limiter au maximum les risques.
1. Les parasites externes : identification et dangers
Les parasites externes vivent à la surface de la peau ou dans le pelage du chat. Ils se nourrissent de sang ou de débris cutanés, provoquant irritation, démangeaisons et, dans certains cas, transmission de maladies.
1.1. Puces
Les puces sont les plus fréquentes. Rapidement, elles causent des démangeaisons intenses, des lésions de grattage et peuvent déclencher des dermatites allergiques. Leur cycle de vie complet (œuf, larve, pupe, adulte) dure de 2 à 4 semaines, selon la température et l’humidité.
En cas d’infestation, une puce peut pondre jusqu’à 50 œufs par jour. Les larves, difficiles à repérer, se logent dans les fissures du sol, la literie et les tapis. Sans traitement de l’environnement, le chat reste en risque permanent de réinfestation.
1.2. Tiques
Les tiques se fixent sur la peau pour se gaver de sang et favorisent la transmission de maladies zoonotiques, telles que la piroplasmose et la maladie de Lyme. Elles s’accrochent aux endroits chauds et humides : tête, intérieur des cuisses ou dessous du ventre.
Il est essentiel de vérifier régulièrement votre chat après chaque sortie, notamment en forêt ou dans les hautes herbes. Le retrait d’une tique doit être minutieux pour éviter d’oublier la tête sous la peau, source d’inflammation et de surinfection.
1.3. Moustiques et phlébotomes
Moins médiatisés, les moustiques peuvent transmettre la dirofilariose (ver du cœur), particulièrement en zones endémiques. Les piqûres répétées affaiblissent le système immunitaire et exposent à des réactions allergiques cutanées.
L’usage de moustiquaires, de diffuseurs d’insecticides et de sprays spécifiques, sous avis vétérinaire, complète la protection des chats de plein air ou vivant près d’étangs.
2. Les parasites internes : vers et protozoaires
Les parasites internes envahissent l’appareil digestif, les voies sanguines ou la peau. Ils se multiplient et se nourrissent des ressources de l’organisme, provoquant des troubles plus ou moins sévères selon leur localisation et leur charge.
2.1. Vers intestinaux
Les vers ronds (Toxocara cati) et les ankylostomes sont responsables de diarrhée, vomissements, crampes abdominales et anémie. Les œufs présents dans l’environnement peuvent persister plusieurs mois, d’où l’importance d’une vermifugation régulière, même pour les chats d’intérieur.
Le risque zoonotique pour l’homme, notamment les enfants, rend d’autant plus crucial le maintien d’une hygiène irréprochable : nettoyage quotidien de la litière et lavage des mains après chaque manipulation.
2.2. Dirofilariose (ver du cœur)
Transmise par les piqûres de moustiques, cette maladie atteint le cœur et les artères pulmonaires, entraînant fatigue, toux chronique, insuffisance cardiaque et, sans traitement, un pronostic fatal.
La prévention repose sur la prescription d’un antiparasitaire spécifique, administré à intervalle régulier sur la base d’un test sanguin annuel confirmé par votre vétérinaire.
2.3. Protozoaires (Giardia, Coccidies)
Les protozoaires comme la Giardia ou les coccidies provoquent des diarrhées aiguës, déshydratation et malabsorption. Les chatons et les animaux immunodéprimés sont particulièrement vulnérables.
Le traitement associe généralement un antiparasitaire oral et une réhydratation adaptée, tout en renforçant la désinfection des surfaces et de la litière.
3. Mettre en place un protocole préventif adapté
Un plan de prévention complet tient compte du mode de vie du chat (extérieur/intérieur), de l’âge, de la région géographique et de la présence d’autres animaux.
3.1. Choix des produits antiparasitaires
Pipettes spot-on, colliers anti-puces et tiques, comprimés ou sprays : chaque forme galénique présente des avantages et des limites. Votre vétérinaire orientera votre choix selon le profil médical et comportemental de votre chat.
Les formules combinées (internes et externes) facilitent la mise en œuvre du protocole et assurent une couverture globale contre le plus grand nombre de parasites.
3.2. Fréquence des traitements
En général, on vermifuge tous les 3 mois et on administre un antiparasitaire externe chaque mois. Toutefois, en période d’activité parasitaire intense (printemps-été), il peut être recommandé de réduire l’intervalle à 4 à 6 semaines.
La régularité est la clé : un traitement ponctuel ne suffit pas à protéger efficacement le chat et son entourage.
3.3. Hygiène de l’habitat
L’aspiration fréquente des tapis, coussins et moquettes permet de retirer œufs et larves. Un traitement insecticide de l’environnement, associé à un lavage à haute température du couchage, complète cette démarche.
N’oubliez pas la litière : vidage quotidien, nettoyage complet hebdomadaire avec un produit adapté, et renouvellement régulier du substrat.
4. Points clés par tranche d’âge
4.1. Chatons (0–6 mois)
Dès 2 semaines, débuter la vermifugation tous les 15 jours jusqu’à 3 mois, puis passer au protocole trimestriel. Introduire les traitements externes à partir de 8 semaines, sous contrôle vétérinaire.
Le système immunitaire des chatons est immature : toute diarrhée doit être prise au sérieux et déclencher une consultation rapide pour ajuster le traitement.
4.2. Chats adultes (6 mois–7 ans)
Le chat adulte bénéficie d’un programme standard : vermifugation trimestrielle et traitement externe mensuel. Adapter l’intervalle en fonction du niveau d’exposition (chats d’extérieur, multi-animal).
4.3. Seniors (> 7 ans)
Avec l’âge, la tolérance aux médicaments peut varier. Un bilan sanguin annuel est souhaitable avant tout changement de protocole. Les chats âgés sont plus sensibles aux infestations chroniques et aux dérèglements immunitaires.
5. Que faire en cas d’infestation avérée ?
Une fois le parasite identifié, le vétérinaire prescrira un traitement curatif ciblé (médication, shampooing, solution spot-on) et vous guidera sur la désinfection de l’environnement pour éviter la réinfestation.
Pensez à informer tous les autres membres du foyer et à traiter simultanément les autres animaux de compagnie, même s’ils ne présentent pas encore de symptômes.
6. Mythes et fausses idées
« Mon chat vit en appartement, il n’a pas besoin d’antiparasitaire » : faux. Les puces peuvent être transportées par les visiteurs ou les vêtements. « Les colliers anti-puces suffisent » : souvent incomplet, car ils ne protègent pas des parasites internes.
Seule une approche globale et régulière garantit une protection efficace et durable.
7. Rôle du propriétaire et suivi
La participation active du propriétaire est déterminante : respecter les dates de traitement, observer l’état général de l’animal et signaler toute anomalie. Le suivi vétérinaire permet d’ajuster le protocole et d’anticiper les risques.
En combinant vigilance, hygiène rigoureuse et traitements adaptés, vous offrez à votre chat une défense optimale contre les parasites. N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire pour personnaliser la prévention selon son mode de vie et sa santé.